Voyage en Géorgie: itinéraire de deux semaines

De Mestia à Kazebegi, de Tbilissi à Sighnaghi, voyage dans la perle méconnue du Caucase

La Géorgie, ce n’est clairement pas la destination la plus prisée des voyageurs. Et pourtant, ce petit pays méconnu à la frontière entre l’Europe et l’Asie regorge de richesses naturelles et culturelles. Si j’ai été convaincu par l’idée de faire un voyage dans cette région du monde, c’est surtout parce que je voulais parcourir le trek qui relie Mestia à Ushguli, en Svanétie. Pour être tout à fait honnête, c’est un pote à moi, qui a visité le pays il y a quelques années, qui m’a conseillé de venir ici pour assouvir ma soif de treks en solitaire. Alors j’ai suivi son conseil, j’ai planifié mon itinéraire en Géorgie… et quelle découverte exceptionnelle !

Entre l’incroyable beauté des paysages montagneux et toutes les autres merveilles que j’ai pu admirer en Géorgie, j’ai pris claque sur claque pendant mes deux semaines dans le pays.

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Jour 1-3 | Tbilissi

Premières impressions géorgiennes

Quand on évoque un pays perché dans les montagnes, petit paradis des randonnées, sa capitale ultra-citadine ne sonne pas comme la partie la plus excitante de l’itinéraire. Néanmoins, Tbilissi est un passage assez incontournable lors d’un voyage en Géorgie.

Il faut savoir que sur les quelque quatre millions d’habitants du pays, plus d’un million d’entre eux vivent dans la capitale. La deuxième ville la plus peuplée, Batoumi, est bien loin derrière avec ses 200 000 habitants. Ces chiffres soulignent bien l’importance de Tbilissi en Géorgie. Véritable centre culturel et économique, elle représente déjà tous les contrastes du coin. J’explore la capitale en compagnie de Giorgi, un guide local qui y vit depuis dix ans. Discuter avec lui me fait vraiment comprendre les tiraillements du pays. Ici, ce sont vraiment deux mondes qui se font face. D’un côté l’Asie, de l’autre l’Europe. D’un côté un héritage de l’URSS que la Géorgie n’a quittée qu’il y a une trentaine d’années. De l’autre une jeune génération qui semble se retrouver davantage dans les valeurs de l’Union Européenne. En Géorgie, même les voitures semblent assises entre deux chaises. Une partie d’entre elles ont le volant à droite (alors qu’on roule pourtant… à droite), une autre à gauche. En fait, il y a encore quelques années, la plupart des véhicules étaient surtout importés depuis le Japon, où on roule à gauche, et donc où le volant est placé à droite. Aujourd’hui, ce sont surtout les États-Unis qui exportent leurs bolides en Géorgie, mais les anciennes voitures japonaises restent les moins chères à la revente. Et donc assez populaires. Comme un symbole de deux mondes qui se font face.

Outre en apprendre davantage sur la culture géorgienne, à Tbilissi, j’ai beaucoup aimé me promener dans le quartier autour du sublime Pont de la Paix, sorte de grand piétonnier garni de restaurants et bars en tous genres, ou encore admirer l’immense Cathédrale de la Trinité au sommet de la ville.

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Cathédrale de la Trinité Tbilissi

Tbilissi, c’est aussi un bon point de départ pour visiter d’autres régions de la Géorgie à la journée. D’ailleurs, beaucoup de touristes ne s’arrêtent que dans la capitale et visitent le pays uniquement depuis celle-ci. Il est vrai que mis à part la Svanétie et Batoumi, tout à l’ouest du pays, la plupart des coins touristiques sont accessibles en quelques heures de transport seulement.

Escale aux monastères

De mon côté, je consacre une journée à la visite de deux monastères au sud du pays : Natlismtsemeli et Davit Gareja. Pour ne pas passer par un tour guidé, je trouve une alternative plutôt cool : Gareji Line. Tous les jours, un minibus démarre à 11h depuis le Pushkin Park. Le rendez-vous est fixé à la statue de Pushkin (dans le Pushkin Park, ça ne s’invente pas) et mieux vaut arriver un peu en avance. L’avantage de cette option, c’est qu’elle est beaucoup plus économique qu’un tour guidé. Et aussi, le minibus ne fait que déposer et récupérer les passagers aux monastères. Donc pas besoin de suivre le guide, vous êtes laissés totalement libres de vos mouvements une fois sur place.

Le monastère de Natlismtsemeli est assez petit. Il impressionne surtout par son isolement. Il paraît vraiment planté au milieu de nulle part avec comme seules touches de vie : quelques touristes, les moines qui gardent les lieux et… les chiens. Parce que oui, en Géorgie, les chiens sont rois. Ils sont partout : dans les villes, dans les campagnes, dans les monastères… Ils semblent se situer quelque part entre des chiens errants et des chiens de compagnie de tous les habitants. Ils sont en totale liberté, mais généralement assez sociaux, pas agressifs et nourris par les locaux. Beaucoup sont même vaccinés et stérilisés.

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Place ensuite au monastère de la grotte Davit Gareja, le plus connu du coin. Taillé à même la roche il y a 1500 ans, à côté de petites montagnes aux tons arc-en-ciel, il a un côté magique. Même si lors de mon passage, seule une partie du site était accessible.

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Monastère Davit Gareja
Montagnes arc-en-ciel Davit Gareja Gareji Line

Se déplacer en Géorgie

  • Beaucoup de voyageurs en Géorgie s’orientent vers la location d’un véhicule. C’est clairement le mode de transport qui offre le plus de liberté, mais pas le plus économique, surtout si vous voyagez seul.
  • L’alternative à plus faible coût et qui évite de devoir conduire sur les routes géorgiennes à l’état variable, ce sont les marshrutkas. Il s’agit de sortes de minibus partagés qui relient les principales villes du pays. En général, ils démarrent uniquement quand ils sont complets, donc à des heures plus ou moins variables. Par contre, il faut parfois s’accrocher parce que les chauffeurs ont tendance à prendre tous les risques possibles pour gagner quelques minutes de trajet.

Jour 4 | Mtskheta et Gori

Une étape historique sur la route

En chemin vers une des nombreuses destinations à l’ouest du pays (par exemple Kutaisi, Mestia ou Batoumi), une bonne option est de s’arrêter à Mtskheta et à Gori. C’est assez facile de l’inclure dans un itinéraire en voiture, mais plus compliqué si on se déplace uniquement en marshrutka. L’autre option est de visiter ces deux villes à la journée depuis Tbilissi, via un tour guidé. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait.

Mtskheta, c’est une petite ville à moins d’une heure de Tbilissi, surtout prisée pour ses cathédrales et ses monastères. Celui de Samtavro, en plein centre-ville, et celui de Djvari, perché sur les hauteurs de la ville, valent franchement le détour.

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Gori, quant à elle, est surtout connue pour être la ville qui a vu naître Staline. Un musée à sa mémoire est d’ailleurs installé dans le centre-ville. Et même s’il oublie sciemment d’aborder les nombreuses horreurs commises par l’URSS stalinienne, il faut se rendre compte que le musée n’a quasiment pas été retouché depuis 1957. Il est donc surtout intéressant pour comprendre cette période de l’histoire et la manière dont le dictateur était perçu (ou en tout cas travaillait son image) à l’époque.

Près de Gori se trouve aussi le site historique d’Ouplistsikhé, taillé dans la roche il y a presque 2000 ans. Il est particulièrement intéressant d’écouter le guide nous raconter comment s’articulait la vie à cette époque, dans un lieu forcément gorgé d’histoire.

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Jour 5-7 | Kutaisi

Découverte de l’ancienne capitale géorgienne

Dans l’histoire de la Géorgie, Kutaisi a été plusieurs fois désignée capitale. Et même si elle paraît minuscule derrière Tbilissi, elle est quand même la troisième plus grosse ville du pays. D’après certains Géorgiens, elle représenterait même mieux la Géorgie que l’actuelle capitale. Alors, en chemin vers Mestia, je m’y arrête pour quelques jours.

La ville n’est franchement pas très grande, mais elle a un charme certain. J’ai adoré photographier les habitations le long du fleuve Rioni, épier les échoppes du marché intérieur du Green Bazaar ou encore admirer la ville depuis les hauteurs de la Cathédrale de Bagrati. Il n’y a pas de quoi y passer une semaine, mais pour flâner pendant une journée, c’est très agréable.

Depuis Kutaisi, il est également facile d’accéder au monastère de Motsameta. L’édifice est plutôt mignon et surtout, le cadre qui l’entoure est assez impressionnant. Il surplombe une rivière et des falaises verdoyantes qui offrent une vue imprenable.

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Pas mal de voyageurs profitent également d’un passage par Kutaisi pour visiter le canyon de Martvili, la grotte de Prométhée ou les sanatoriums de Tskaltubo (des bâtiments abandonnés datant de l’Union Soviétique). De mon côté, un peu pris par le temps, je file plutôt à la station de marshrutkas où m’attend mon transport vers Mestia, point de départ du célèbre trek de 4 jours en Svanétie.

Jour 8-11 | Trek de Mestia à Ushguli

Une des plus belles randonnées d’Europe… loin de tout

Ça fait quelque temps maintenant que je me passionne pour les treks en solitaire. J’étais déjà parti à Majorque au mois de mai dernier pour parcourir le GR 221. Donc, depuis Mestia, je me suis lancé pour un trek de quatre jours dans les montagnes de Svanétie. Il m’a fait rejoindre Ushguli en quatre étapes, trois nuits en maisons d’hôtes sur le chemin et un peu moins de 60 kilomètres de marche. Ce fut clairement ma partie préférée du voyage. Se retrouver absolument seul à randonner dans des paysages de rêves, ça n’a pas de prix. Pour tout savoir sur mon trek, mon itinéraire au jour le jour et mes recommandations, je vous invite à consulter mon article dédié.

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Jour 12-13 | D’Ushguli à Stephantsminda (Kazbegi)

D’une montagne à l’autre

Je quitte Ushguli quatre jours après avoir débuté mon trek, quelque peu épuisé mais avec encore des étoiles plein les yeux tant cette région est un régal pour la rétine. L’heure est venue de dire au revoir à la Svanétie, mais pas encore aux montagnes. Peut-être surmotivé par les paysages magnifiques que j’ai admirés pendant ces quelques jours, j’ai encore faim de sommets enneigés. Je m’oriente donc vers l’autre grand coin à randonnées en Géorgie : Stephantsminda (anciennement Kazbegi).

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Pour rejoindre Stephantsminda sans voiture, il y a deux options : les marshrutkas qui partent directement depuis Tbilissi et les tours guidés. L’avantage de la deuxième option, c’est que contrairement aux marshrutkas qui filent directement jusque Stephantsminda, le minibus du tour s’arrête aux principaux points d’intérêt entre la capitale et le nord du pays. Histoire de ne pas passer à côté de tous ces lieux, j’opte donc pour cette option, avec l’idée de m’arrêter à Kazbegi pour y randonner quelques jours. Problème : durant mon passage dans la région, la pluie est prévue pour toute la semaine. Le beau temps ne fera son retour que lorsque j’aurai quitté le pays. Mon projet de randonnée tombe donc à l’eau (littéralement) et je ne passe finalement qu’une seule journée dans le coin.

Le premier arrêt est la forteresse d’Ananouri. Je dois admettre que c’est peut-être ma première déception du voyage. Ananouri était ma principale motivation à choisir le tour guidé, tant la vue avait l’air magnifique en photos. Et ça l’est, mais elle n’est pas si facile à admirer, cette vue. En réalité, elle n’est accessible que depuis les petites fenêtres de l’intérieur de la forteresse, prises d’assaut par des hordes de touristes. Et c’est là le deuxième gros point noir de cette journée en tour guidé : tous les minibus se suivent et tous s’arrêtent aux mêmes endroits, aux mêmes moments. Donc tout est bondé, ce qui gâche un peu l’expérience. Il ne suffirait de pas grand-chose pourtant, car quelques minutes après le départ des bus de touristes, tous ces lieux redeviennent presque déserts.

ananouri forteresse kazbegi
forteresse anaouri kazbegi

La visite se poursuit au panorama de Goudaouri, où est érigé le monument de l’amitié Géorgie-Russie. Il s’agit d’une sorte de grand croissant de lune peint, représentant sur sa moitié l’histoire géorgienne et sur l’autre l’histoire russe. La structure est assez imposante et plutôt jolie, si on fait abstraction de son symbole d’amitié quelque peu ironique, quand on sait que la Russie occupe actuellement 20% du territoire de la Géorgie. Puis, tout autour du monument, on commence à entrevoir les imposantes montagnes du coin. Je commence à comprendre pourquoi cette région est (aussi) considérée comme un paradis de la rando. Ce sera encore plus flagrant une fois arrivé à Stephantsminda et sa célèbre Église de la Trinité de Guerguétie. Pris par le timing serré du tour guidé, on ne s’arrête qu’une vingtaine de minutes ici. Ce n’est qu’un tout petit aperçu de la région, mais il laisse déjà entrevoir toute la beauté des lieux. Et il me fait d’autant plus regretter de ne pas avoir pu m’y arrêter plus longtemps. Ah, si seulement la météo avait été de mon côté.

Église de la Trinité de Guerguétie kazbegi
Église de la Trinité de Guerguétie Stephansminda
Église de la Trinité de Guerguétie Stephansminda
Goudaouri monument de l’amitié Géorgie Russie itinéraire

D’ailleurs, si vous en avez l’occasion, je vous recommande de rester au moins deux ou trois jours à Stephantsminda. Il y a trois principaux lieux d’intérêt pour la randonnée qui peuvent tous vous occuper une journée : le glacier de Gergeti, la vallée de Truso et le village de Juta.

Jour 14-15 | Sighnaghi

La petite Toscane géorgienne

Je conclus mon voyage à Sighnaghi. En vérité, je n’avais pas prévu de passer par ici. Je comptais exploiter mes derniers jours en Géorgie pour randonner dans les montagnes de Kazbegi, mais puisque la pluie en a décidé autrement, me voici dans la petite Toscane géorgienne. C’est comme ça qu’on surnomme la région par ici. Et très vite, je comprends la comparaison. Sighnaghi est particulièrement réputé pour son vin (d’ailleurs, des dégustations sont proposées à chaque coin de rue) et il y règne une ambiance qui n’est pas sans rappeler l’Italie. Les maisons aux toits rouges, les plaines environnantes, les collines verdoyantes, tout ça lui donne un petit air de Florence, il me faut bien le reconnaître. Ou en tout cas, tout ça rappelle un peu l’image qu’on se fait généralement de Florence.

Ceci dit, la ville est assez petite et une fois que j’ai terminé la visite de la muraille et du magnifique Monastère de Bodbe, je peine à trouver de quoi occuper ma journée. J’ai le sentiment que Sighnaghi est surtout un petit village où le temps s’écoule lentement, où les visiteurs viennent déguster du vin en terrasse. Une sorte de Dolce Vita géorgienne, finalement. Mais puisque mon voyage se termine, ce n’est pas trop mal de conclure par un peu de repos. Après tout, dans moins de 24 heures, je serai de retour au boulot.

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Bilan

Une impressionnante richesse culturelle et visuelle

La Géorgie m’a impressionné par la diversité de ses paysages, et surtout à quel point chaque région apporte son lot de claques visuelles. Entre les montagnes enneigées, les plaines verdoyantes et les anciens monastères, il y a de quoi faire. J’en ai presque oublié que la Géorgie, c’est à peine deux fois la taille de la Belgique et moins de quatre millions d’habitants. Tout ça pour une destination encore préservée du tourisme de masse. C’est plutôt impressionnant. Espérons que ça dure.

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