Trek de Mestia à Ushguli, 4 jours merveilleux dans les montagnes
60 kilomètres à travers les paysages magnifiques de la Svanétie, en Géorgie
Ça fait quelque temps maintenant que je me passionne pour les treks en solitaire. En avril dernier, j’étais déjà parti à Majorque pour randonner pendant cinq jours sur le GR 221. Alors quand j’ai appris qu’il existait, quelque part en Géorgie, un itinéraire de quatre jours à travers les montagnes, plutôt accessible, absolument magnifique et encore assez méconnu des touristes, je n’ai pas hésité longtemps. Je me suis lancé dans un voyage de 15 jours en Géorgie qui m’a fait découvrir des tonnes de paysages plus merveilleux les uns que les autres. Et bien sûr, j’y ai donc inclus quatre jours de randonnée en Svanétie, plus précisément de Mestia à Ushguli, le parcours classique, avec des arrêts dans des maisons d’hôtes entre chaque étape.
Je ne vais pas dire que ce trek est le plus connu d’Europe. Forcément, dans un pays à peine deux fois plus grand que la Belgique et que peu de gens visitent, le contraire aurait été surprenant. Mais tout de même, pour les voyageurs de passage dans cette région du Caucase, c’est un chemin un peu fréquenté. L’avantage, c’est qu’il est courant de se retrouver absolument seul dans des décors de rêve, et en même temps d’avoir de la compagnie pour le repas du soir dans la guesthouse.
Il est également très facile de s’y repérer. Le sentier est globalement bien balisé et en téléchargeant l’itinéraire à l’avance, ce que j’ai fait via ce lien, ça devient presque un jeu d’enfant. Ceci dit, je vous ai indiqué toutes les infos utiles ci-dessous. Et mes impressions au jour le jour. Installez-vous, je vais tout vous raconter.

Le trek en pratique
Jour 1 | Mestia – Zhabeshi | 16 km – 5h15 de marche
J’arrive à Mestia depuis Kutaisi, après environ six heures de bus. Une petite visite du village et une bonne nuit de sommeil plus tard, me voilà parti sur les sentiers. Mestia est de loin le plus gros village de la région. À partir d’ici, je dis (presque) au revoir à la civilisation pour quatre jours.
Je m’attendais bien sûr à ce que ce trek me fasse passer par des paysages exceptionnels, mais dès ce premier jour, je suis déjà ébahi par la beauté du décor qui m’entoure. Je grimpe un peu pour quitter Mestia et je me retrouve vite dans une véritable carte postale. À l’avant-plan, un sentier qui coupe à travers des étendues vertes et fleuries. À l’arrière-plan, les sommets enneigés qui ne contrastent qu’avec le ciel bleu. J’ai l’impression d’être dans un rêve éveillé.




Un principal point de vue coupe la journée de marche en deux, l’endroit idéal pour s’arrêter manger. Ensuite, il ne me reste qu’à descendre tranquillement jusqu’à atteindre le petit village de Zhabeshi, où j’ai le plaisir de découvrir que puisque pas grand monde ne dort dans ma guesthouse ce soir, j’ai la chance de passer la nuit dans une chambre privée à moindre prix.
Jour 2 | Zhabeshi – Adishi | 10.5 km – 5h30 de marche
Le trek monte en intensité dès le deuxième jour. La distance à parcourir est un peu plus courte, mais le dénivelé est plus important. Cette fois, je suis davantage dans les montagnes. Je continue mon exploration en solitaire de la région, en slalomant entre les nombreuses vaches qui se promènent sur le chemin. Vraiment, elles sont partout. Et elles suivent les sentiers à la trace. Je me demande même si elles ne sont pas ici pour parcourir le trek en quatre jours, elles aussi.
Contrairement à l’itinéraire de la veille, celui-ci ne contient pas vraiment de grand belvédère à mi-chemin au sommet du sentier. Ce sont plutôt une multitude de paysages incroyables qui se succèdent, pour mon plus grand plaisir. Je croise même une famille de chevaux en liberté juste avant d’arriver à Adishi. Si ce deuxième jour est monté d’un cran en difficulté, il l’a aussi été pour les paysages. Et le troisième jour, ce sera encore plus intense.





Jour 3 | Adishi – Khalde (ou Iprali) | 16.5 km (ou 19) – 6h30 de marche
La portion du trek entre Adishi et Khalde (ou Iprali) est réputée pour être la plus difficile, la plus longue, mais aussi la plus impressionnante. Et très clairement, je n’ai pas été déçu.
Le sentier commence assez tranquillement. Je marche pendant environ une heure au pied des montagnes, en longeant la rivière qui ruisselle du glacier. Puis arrive le moment où il faut la traverser. Certains marcheurs le tentent à pied, mais vu la force du courant, je préfère ne pas risquer le plongeon dans l’eau glacée avec mon gros sac à dos. Il me reste encore toute une journée de marche devant moi, alors je préfère autant ne pas devoir la faire en étant complètement trempé.
L’autre option, c’est la traversée à cheval. Plusieurs locaux attendent les randonneurs au bout du sentier pour leur proposer de traverser en échange de cinq euros. Ça fait un peu cher les 30 secondes de balade à cheval, mais c’est toujours mieux que de risquer de boire la tasse.
Après le passage de la rivière, il est temps de grimper jusqu’au col. C’est clairement la partie la plus difficile du trek. Ça monte franchement assez fort, mais quelle vue une fois arrivé au sommet…




Il y a un côté magique dans ce lieu. Ou peut-être juste qu’après trois jours de marche, une rivière traversée et une grosse ascension, l’effort me fait encore plus apprécier le lieu. En tout cas, j’ai rarement fait des pique-niques avec une vue si impressionnante.
Je n’ai ensuite plus qu’à redescendre tranquillement jusqu’à Khalde, un tout petit village de quatre ou cinq maisons d’hôtes qui semble presque être une anomalie au sommet des montagnes. La plupart des randonneurs vont jusqu’à Iprali, une quarantaine de minutes de marche plus loin. Dormir à Khalde est donc une bonne alternative pour passer une dernière nuit avec l’isolement des montagnes, alors qu’Iprali se trouve déjà au bord de la route principale. En plus, comme cette troisième journée est la plus longue et que la suivante est la plus courte, ça équilibre un peu les deux étapes.
Jour 4 | Khalde (ou Iprali) – Ushguli | 12 km (ou 14.5) – 5h de marche
Le dernier jour est le plus tranquille : une douzaine de kilomètres jusqu’à Ushguli et pas trop de dénivelé. C’est quasiment une promenade de santé. Enfin, ça l’aurait été si je n’avais pas dû marcher la quasi-totalité sous la pluie.
Les premiers kilomètres sont assez calmes. Un peu de pluie, mais rien de trop méchant. Le temps redevient même presque sec à mon arrivée à Iprali. Je me remotive donc pour boucler mon itinéraire du jour et conclure ce trek. Sauf que juste au moment où je quitte le village d’Iprali, la pluie laisse sa place… à l’orage. J’entends le tonnerre gronder à quelques pas de moi, pendant que des trombes d’eau me tombent sur la tête. Je suis vraiment en plein cœur de l’orage. À tel point que je l’entends passer au-dessus de moi et s’éloigner progressivement. Soyons honnêtes, ce n’est pas vraiment l’éclate totale à ce moment.




Mais au final, je positive en me disant que s’il devait pleuvoir pendant ce trek, il valait mieux que ce soit aujourd’hui. Parce que c’était le jour le moins compliqué, le moins long et le moins varié en termes de paysages. Mon principal regret est de ne pas avoir pu apprécier Ushguli à sa juste valeur. Je ne me promène pas très longtemps dans le village. Je distingue bien le potentiel merveilleux du coin, mais avec les montagnes cachées derrière les nuages et mes vêtements complètement trempés, c’est plus difficile de profiter de ma visite.
Ceci dit, ne bouclons pas cet itinéraire sur une mauvaise conclusion. Parce que pendant ces quatre jours de Mestia à Ushguli, j’ai surtout enchaîné les paysages plus magnifiques les uns que les autres. Donc je ne quitte pas Ushguli sur une mauvaise note, mais plutôt avec le souvenir d’un trek tout simplement exceptionnel. Peut-être même l’un des plus beaux d’Europe. Et la suite de mon voyage en Géorgie me réserve encore mon lot d’émerveillement.
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