21 jours en Inde du Sud, loin de tous les clichés
Un voyage incroyable de Mumbai au Karnataka et au Kerala,
dans une Inde tranquille et surprenante
« 21 jours en Inde ? Wow, tu dois être courageux ? Mais pourquoi faire ? Tu n’as pas peur de choper une infection alimentaire ? »
Quand on parle de l’Inde, le plus souvent, ce n’est pas vraiment pour vanter son calme ou la beauté de ses paysages. Une tendance prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux : diffuser des images d’un pays sale, où la nourriture est insalubre et où la plupart des gens sont au mieux irrespectueux, au pire des horribles arnaqueurs.
Pourtant, j’étais déjà parti un mois en Inde du Nord en 2024 et je n’ai gardé que de bons souvenirs de ce voyage. Je me rappelle d’un pays riche de cultures multiples, de paysages magnifiques, d’une nourriture incroyable et de gens particulièrement accueillants. Et j’avais quitté l’Inde avec une certitude : l’envie d’y revenir un jour pour visiter d’autres régions. Alors c’est ce que j’ai fait. Avec un pote, on est parti 21 jours avec l’objectif d’atteindre le Kerala depuis Mumbai, en train et en bus.
À l’époque de mon premier voyage en Inde, je ne racontais pas encore ma vie sur YouTube, mais cette fois, j’ai pris ma caméra avec moi pour narrer en vidéo toutes nos aventures là-bas. Si l’envie vous en prend, je vous invite à y jeter un œil.
Jour 1-3 | Mumbai
Redécouverte de la mégalopole indienne
Avec plus de 20 millions d’habitants, Mumbai est presque un pays à part entière. D’un quartier à l’autre, on observe une partie de cricket qui se joue sur la route, entre les voitures, ou une foule de touristes agglutinés devant les plus célèbres monuments de la ville, comme l’emblématique Gateway of India ou le Taj Mahal Palace.
Mumbai est la seule ville de ce voyage que je visite pour la deuxième fois. Je la redécouvre entre la nostalgie de mon précédent périple en Inde du Nord et l’excitation de m’en aller découvrir le sud du pays.
Avec mon pote, on y passe quelques jours pour prendre la température et réserver nos billets de train pour Bijapur, dans le Karnataka.




Jour 4-5 | Bijapur
Des milliers d’années d’histoire
Après 10 heures de train de nuit, on arrive à Bijapur de bon matin. Dès la sortie de la gare, on tombe nez à nez avec l’un de ses monuments les plus emblématiques : le mausolée de Gol Gumbaz. Trop excités à l’idée de découvrir cette merveille architecturale, on file tout de suite le visiter sans même prendre le temps de passer à notre hébergement pour nous débarbouiller. La ville est encore à moitié endormie à cette heure aussi matinale et on se retrouve presque tout seuls sur le site. Il n’y a pas à dire, le Gol Gumbaz est impressionnant. Son dôme s’élève à plus de 50 mètres de hauteur et est l’un des plus grands au monde à ne pas disposer de pilier central. Excusez du peu !

Après cette visite au lever de soleil, on dépose nos sacs à dos à notre logement et on part se balader dans le vieux centre-ville. Ce n’est franchement pas le lieu le plus propice à la détente, mais en revanche, entre les rues animées et les ruines éparpillées ici et là, on n’a pas le temps de s’ennuyer.
On termine notre visite de Bijapur au complexe d’Ibrahim Roza. Son mausolée et ses jardins auraient inspiré l’architecture du légendaire Taj Mahal. Rien que ça ! Je vous laisse juger vous-même de la ressemblance, mais en y ajoutant une petite touche de peinture et quelques remises à neuf, on s’y croirait presque. Et une nouvelle fois, mis à part quelques touristes indiens, on ne croise presque personne dans ce lieu hors du temps. Le voyage commence bien !


Jour 6-10 | Hampi
Un immense site archéologique en plein désert
Pour rejoindre Hampi depuis Bijapur, on repart pour 5h30 de train. Cette fois, le voyage se fait de jour. Ce n’est pas pour nous déplaire puisque ça nous permet d’apprécier le paysage par la fenêtre et… par la porte ! Eh oui, dans la plupart des trains en Inde, les portes ne sont pas verrouillées. Petite fausse note pour la sécurité, mais gros avantage pour le plaisir d’admirer la vue à l’air libre.



Hampi était autrefois la capitale du royaume de Vijayanâgara. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un petit village d’à peine quelques milliers d’habitants qui accueille surtout des touristes, mais les traces de sa grandeur passée sont toujours présentes. Le site archéologique de Hampi est l’un des plus importants en Inde. Il s’étend sur plus de 25 km et compte 1500 monuments. C’est colossal.
Sur les traces de l’ancien royaume
On loge dans une petite guesthouse en plein centre du complexe monumental, d’où on aperçoit directement la cime du temple de Virupaksha. Les différents monuments qui composent l’ensemble historique de Hampi sont éparpillés un peu partout dans la région, mais rien que dans le centre, on peut déjà déambuler entre de nombreux lieux d’intérêts.
Quel sentiment particulier que de se promener entre toutes ces constructions millénaires plantées à l’ombre des palmiers. On se dirige vers le temple de Virupaksha, sans doute le plus connu et le plus facilement accessible, puis on fait quelques pas de plus pour atteindre le temple de la colline Hemakuta, d’où on a une vue imprenable sur le village.





Hampi est assez touristique, mais comme souvent, il suffit de s’éloigner un tout petit peu des lieux les plus connus pour s’isoler. Alors on se faufile entre les palmiers, on grimpe jusqu’à la colline de Matanga et on déniche un point de vue sublime entre les rochers. Un peu plus loin, on aperçoit même le temple de Shri Achyutarāya Swam, qui semble avoir été totalement oublié par les touristes du jour.

Et au milieu coule une rivière
Pour la suite de nos aventures à Hampi, on passe au trajet en tuk-tuk. Il faut bien s’y résoudre. Même si déambuler sous la chaleur écrasante du moment a son charme certain, la plupart des monuments sont trop éloignés de notre logement pour qu’on puisse s’y rendre à pied.
Au sud du village se trouve toute une série de monuments aussi impressionnants les uns que les autres : un magnifique ancien enclos à éléphant (qui n’est plus utilisé depuis des centaines d’années, rassurons-nous), l’emblématique Lotus Mahal ou encore le temple Hazara Raama. Ce que j’aime à Hampi, c’est autant les détails de toutes ces constructions antiques que le cadre magnifique dans lequel elles se trouvent. Je m’attarde autant sur la précision des gravures que sur les palmiers qui leur font de l’ombre. Un peu plus loin, on visite aussi le temple de Shri Malyavanta Raghunatha, installé au sommet d’une colline et idéal pour admirer le coucher de soleil.




Hampi est coupée en deux par une rivière. Jusqu’ici, on a surtout passé notre temps au sud de celle-ci, alors pour terminer notre séjour, on s’en va faire un tour de l’autre côté de la rivière. Même si on n’est pas parti bien loin, le décor paraît différent. Tout y est plus vert, la végétation est plus dense et le cadre est plus tranquille. On a plutôt l’impression d’être dans une oasis que dans un désert. On visite quelques temples, mais surtout, on monte jusqu’au point de vue d’Anjanadri Betta Peak. On s’installe sur les rochers à son sommet, et on admire une dernière fois le soleil se coucher sur Hampi.

Jour 11-13 | Mysore
Un palais et le calme
On comptait au départ prendre un train de nuit pour rejoindre Mysore, comme on l’avait fait quelques jours plus tôt pour se rendre à Bijapur depuis Mumbai. Le hic ? En Inde, quand on réserve un train, on se retrouve parfois sur liste d’attente avec le risque que la réservation soit annulée en dernière minute. Et devinez quoi, c’est ce qui nous est arrivé ! L’avantage, c’est qu’il existe toujours une option alternative, le bus ! C’est quelque peu moins confortable, mais au moins, il reste toujours des places en dernière minute.
On débarque donc à Mysore après 6 heures de bus de nuit (jusqu’à Bangalore) et 3 heures de train. Pour ne rien vous cacher, notre première journée n’est donc pas des plus actives. On se contente de se balader dans les rues de la ville, en laissant notre regard se perdre ici et là devant des scènes de la vie quotidienne. On se laisse aller à admirer les artisans de rue, les marchés des légumes et les entraînements de cricket qui s’organisent aux abords de l’université.




Pour une cité de tout de même plus d’un million d’habitants, Mysore est relativement paisible. Elle est surtout connue des touristes pour son palais. Et je comprends pourquoi celui-ci est si populaire. Avec ses imposantes tours rectangulaires et ses parures dorées, il en impose !


Pour clôturer notre passage à Mysore (et au Karnataka), on grimpe au sommet de la colline de Chamundi. Enfin, quand je dis qu’on y grimpe, entendez plutôt qu’un tuk-tuk nous y emmène. Sur les hauteurs de cette Chamundi Hill se trouvent un temple, quelques boutiques ambulantes et surtout un point de vue sur la totalité de Mysore. On s’y attarde un moment pour admirer le coucher de soleil. Quel meilleur moyen de conclure notre périple au Karnataka ? Il est ensuite temps de rejoindre l’État le vert et le plus tranquille de toute l’Inde du Sud : le Kerala. Plus précisément, on part se détendre un petit peu sur Munroe Island, une petite île nichée en plein cœur des backwaters, un paisible labyrinthe de canaux, de lacs et de mangroves, tout au sud du Kerala.
Jour 14-16 | Munroe Island
Un petit coin de paradis qui se mérite
Munroe Island est un véritable petit coin de paradis tropical, au bord de l’eau et à l’ombre des cocotiers, mais pour y accéder, c’est toute une aventure. Depuis Mysore, on fait 3 heures de train jusqu’à Bangalore, puis 10 heures de bus jusqu’à Kochi et de nouveau 3 heures de train pour arriver à Kollam. Ensuite, à Kollam, on monte à bord d’un tuk-tuk qui, après 45 minutes de route sinueuse entre les cocotiers et une courte traversée en bateau, nous dépose finalement à notre hébergement. Notez que quelques trains relient aussi Kollam et Munroe Island, mais le timing ne s’accordait pas avec notre trajet.
On a tout juste le temps de déposer nos sacs à dos dans notre chambre que déjà, notre hôte nous invite à rejoindre un spot pour le coucher de soleil. Alors on enfourche les vélos et on le suit jusqu’à une petite église au bord d’un lac. On reste longtemps à admirer le soleil colorer le ciel en rouge, avant de disparaître derrière l’horizon. Eh bien, on n’aura pas mis longtemps à être ébahi par la beauté des paysages de la région !





Vélos et kayaks
Le temps semble s’écouler lentement sur Munroe Island. Après deux semaines assez rythmées en Inde, on prend le temps de profiter de la sérénité des lieux. Il faut dire que l’ambiance s’y prête. Allongé sur un hamac, entre deux cocotiers, il est facile de se laisser aller sous le soleil du Kerala.
Entre deux (longs) moments de détente, on part explorer l’île en vélo ou les backwaters en kayak. Ce sont, grosso modo, les deux activités principales par ici. Comme notre hostel dispose de vélos et de kayaks, on en profite. On s’offre aussi un tour en bateau avec un guide local, le temps d’une matinée. À toute heure, le calme règne. Je regrette presque de ne pas être resté plus longtemps ici, mais sur un itinéraire de 21 jours, il faut bien faire des choix. Je pense que si on s’était attardé quelques jours de plus, j’aurais pu admirer ce paysage encore et encore, sans jamais me lasser. Mais en attendant, un bus nous attend.




Jour 17-19 | Munnar
Le paradis des randonnées en Inde du Sud
Un tuk-tuk nous emmène jusqu’à Kottarakkara, où on monte à bord d’un bus pour Munnar. Six heures plus tard, et quelques sueurs froides au moindre coup de volant du chauffeur dans les routes de montagne, on arrive dans ce qui est réputé pour être le coin à randonnées du Kerala.
Perchée dans les montagnes non loin de Kochi, Munnar attire de nombreux touristes des environs ou d’ailleurs, en quête d’un peu de fraîcheur et de nature. Ici, les plantations de thé façonnent le paysage au pied des plus hauts sommets. Finis les cocotiers, on se trouve à 1500 mètres d’altitude dans un décor totalement différent.
Notre programme à Munnar ne varie pas beaucoup d’un jour à l’autre. Ce qui nous a motivés à poser nos sacs à dos ici pour quelques jours, c’est le climat plus frais et la possibilité de randonner dans les montagnes. C’est à peu près tout ce qu’on savait de Munnar avant d’y débarquer. Et en vérité, je pense qu’on a plutôt bien fait.



Ce qui est agréable à Munnar, c’est simplement de se promener entre les plantations de thé, en se laissant porter par la magie des paysages, sans direction précise (et évidemment toujours en suivant les chemins indiqués pour ne pas risquer de déranger les gens qui travaillent dans les plantations). Il y a bien quelques agences qui proposent des programmes bien précis à la journée, mais le plus agréable, ça reste encore de regarder sur la carte où se trouvent les chemins et de s’y aventurer un peu au hasard. Dans de tels paysages, peu importe le chemin emprunté, on n’a de toute façon aucune chance d’être déçu.
Jour 20-21 | Kochi
Un au revoir progressif à la tranquillité indienne
Notre itinéraire en Inde se termine à Kochi, la plus grosse ville du Kerala. On s’installe du côté de Fort Kochi, qui est la zone la plus touristique de la ville. On peut y admirer les pêcheurs tirant leurs filets en bord de mer, mais le quartier est surtout gorgé de restaurants compilant toutes les cuisines du monde et de boutiques de souvenirs en tout genre. Après la tranquillité de Munroe Island et de Munnar, ça nous fait un petit choc. Alors on se met à la recherche d’une partie moins animée de la ville.
Notre regard est vite attiré par un moyen de transport un peu atypique : le water métro. Tout est dans le nom. Il fonctionne comme un métro classique, avec des billets à valider, des portiques de sécurité et diverses stations et lignes, à la différence près qu’il ne s’agit pas de wagons souterrains, mais bien d’un petit bateau qui se faufile sur les canaux. S’il n’y avait pas le mouvement de l’eau pour faire bouger l’embarcation et la vue sur l’océan à travers les vitres, on aurait même du mal à le différencier d’un métro traditionnel.



Ce water métro ne s’éloigne, par contre, pas tant de la grosse ville à notre goût. Alors on choisit une plage un peu au hasard au sud de Kochi, on interpelle un chauffeur de tuk-tuk et on lui demande de nous y emmener. À mesure que le paysage défile sous nos yeux, on commence à se dire qu’il existe bien des lieux paisibles par ici. On s’arrête à une plage dans le quartier de Chellanam et on longe l’océan sans trop avoir de but précis. On traverse un village façonné par les canaux, on arpente une digue interminable et on tombe sur un petit bar itinérant, où on s’arrête pour commander un chai. Les quelques personnes qui s’y trouvent paraissent un peu amusées de nous voir débarquer ici à pied. Visiblement, même dans une aussi grosse ville que Kochi, il suffit de s’éloigner un petit peu du centre pour trouver un peu de calme dans le Kerala. Qui a dit que l’Inde n’était que chaos, saleté et bruit ?



Conclusion
Prétendre connaître l’Inde du Sud après n’y avoir passé que 21 jours serait une maladresse à laquelle je ne me risquerai pas. Néanmoins, après avoir traversé le Karnataka et le Kerala en train et en bus, une chose me semble évidente : l’Inde ne peut pas se résumer à quelques clichés négatifs. Si on en croit les tonnes de vidéos qui défilent sur les réseaux sociaux, ce pays serait sale, bruyant, inhospitalier, et même pas digne d’un quelconque intérêt touristique. Sans prétendre que tout ce qu’on peut entendre ou voir à propos de l’Inde n’est que mensonge, ce qui est sûr, c’est qu’elle ne se limite pas à ça.
L’Inde est un immense pays-continent rempli de diversité, où chaque région a ses propres particularités et où chaque ville est une nouvelle destination bien différente. Clairement, ce n’est ni mon voyage de trois semaines dans le sud du pays, ni mon précédent séjour d’un mois au nord qui m’ont suffi à me faire une idée globale du pays. Par contre, à chaque fois, j’ai découvert des tonnes de paysages incroyables, j’ai fait des rencontres merveilleuses et j’ai vécu une aventure dont je me souviendrai longtemps. Et je quitte ce pays avec une certitude, mon histoire d’amour avec l’Inde n’est pas encore totalement terminée.
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